La coordination

En Belgique, les opérations de lutte contre les incendies, les explosions et les accidents de toute espèce, les calamités, les catastrophes et les sinistres, sont généralement organisées, dans un premier temps, à l'échelon communal.

Dans certaines circonstances, d'autres autorités et services peuvent entrer en action :
  • quand les moyens locaux deviennent insuffisants,
  • quand plusieurs communes ou plusieurs provinces sont affectées par des évènements calamiteux ou accidentels
  • en cas d'accident nucléaire qui entraîne immédiatement une coordination à l'échelon fédéral.

Le niveau de la gestion de crise (et de la planification d’urgence) est délimité sur la base des critères comme:

  • les faits
  • l’étendue géographique
  • le nombre de victimes
  • les effets pour l’environnement
  • les répercussions économiques
  • les répercussions sociales
  • les moyens nécessaires
  • la nature de la situation d’urgence (Seveso, nucléaire, terrorisme, …)

NIVEAU COMMUNAL
Porte sur l’intervention des services d’intervention lorsque l’ampleur de la situation d’urgence nécessite sa gestion au niveau communal.
Phase communale
Coordination par le bourgmestre
Déclenchée par le bourgmestre territorialement compétent & info au gouverneur
NIVEAU PROVINCIAL
Porte sur l’intervention des différents services d’intervention lorsque l’ampleur de la situation d’urgence nécessite sa gestion par le gouverneur ou bien lorsque les conséquences directes de la situation d’urgence dépassent le territoire de la commune
Phase provinciale
Coordination par le gouverneur
Déclenchée par le gouverneur territorialement compétent (avec info au Ministre)
NIVEAU FEDERAL
porte sur la gestion d’une situation d’urgence lorsque p. ex.:
- deux ou plusieurs provinces ou le territoire national sont concernés
- les moyens à utiliser excèdent les moyens dont dispose un gouverneur de province dans le cadre de sa mission de coordination ;
Phase fédérale
Coordination nationale par le Ministre de l’Intérieur
Déclenchée par le Ministre




La coordination


Au sein de chaque discipline, une coordination est en place. De plus, la collaboration interdisciplinaire s’opère à deux niveaux : au niveau opérationnel et au niveau de la gestion stratégique.

La coordination opérationnelle :

•    poste de commandement opérationnel (PC-OPS)

Missions

  • veiller à fournir aux autorités concernées et au dispatching commun (112) des informations régulières sur l’évolution de l’événement
  • conseiller les autorités compétentes et effectuer ou faire effectuer les décisions prises par elles
  • organiser le terrain des interventions et au besoin, mettre en place et lever la répartition en zones

Composition

La CP-OPS se compose au moins des directeurs des disciplines concernées sur le terrain.

Direction

-    la coordination opérationnelle sur le lieu de la situation d’urgence se trouve aux mains du
directeur des opérations (Dir-PCOps)
-    la fonction de Dir-PC-Ops est assurée par l’officier des services d’incendie présent sur
les lieux de l’intervention
-    l’autorité compétente peut désigner un dirigeant d’une autre discipline davantage concernée par le type de la situation d’urgence pour remplir la fonction de Dir-PC-Ops, p.ex. la police

?    La coordination stratégique:
•    le comité de coordination (CC)

Missions

  • évaluer la situation d’urgence
  • conseiller le bourgmestre, gouverneur ou ministre sur les mesures à prendre
  • organiser l’information de la population, des entreprises et des communes avoisinantes
  • tenir un logbook
  • prendre toutes les mesures de protection nécessaires pour assurer la sécurité de la population et coordonner leur exécution

Qui


Le Bourgmestre, Gouverneur ou Ministre assure la gestion.
Il est en cela assisté par le comité de coordination, composé des représentants des
disciplines et éventuellement d’autres experts.


•    Comité provincial de coordination (CCP) et Comité communal de coordination (CCC)

Au niveau provincial et communal, un comité de coordination est mis sur pied pour gérer les
situations d’urgence. Ce comité est constitué par les représentants des disciplines et le
fonctionnaire chargé de la planification d’urgence. Ce comité peut être élargi avec les services
nécessaires, comme le CPAS, le service d’environnement, l’entreprise,…
 

•    Le comité de coordination au niveau fédéral
Par le déclenchement de la phase fédérale, trois organes peuvent être convoqués au sein du Centre Gouvernemental de Coordination et de Crise (CGCCR). Ceux-ci contribuent au processus décisionnel, chacun pour leur sphère de compétence.
Les cellules de base sont les suivantes :
-    La cellule d’évaluation procède à une évaluation de la situation. Elle est constituée d’experts et de scientifiques issus des différentes autorités ou services compétents. La présidence en est assurée par le département qui est le plus concerné par la situation d’urgence et est désignée par la cellule de gestion.
-    La cellule de gestion (parfois également nommée Comité fédéral de Coordination) prend les mesures nécessaires. Elle est constituée des ministres compétents ou de leurs représentants, et est en principe présidée par le Ministre de l’Intérieur ou par son délégué.
-    La cellule d’information informe la population, par le biais des médias, à intervalles réguliers, de l’évolution de la situation et des décisions prises par la cellule de gestion. La cellule d’information est constituée des responsables de la communication ou des porte-parole des départements concernés.



Le terrain de la situation d’urgence


Pour organiser le terrain de la situation d’urgence (de la zone d’intervention) et permettre une
coordination aussi efficace que possible, une répartition du terrain en zones est prévue. Cela veut dire que l’ensemble du territoire touché par la situation d’urgence est divisé en zones.

La zone d’intervention : La zone d’intervention est la zone à l’intérieur de laquelle les mesures nécessaires sont prises afin de maîtriser la situation d’urgence. En fonction d’une situation d’urgence concrète, la zone d’intervention peut être subdivisée en 3 zones en fonction des risques qu’elles comportent et des services et personnes autorisés à y accéder:
•    la zone rouge, délimitée par le périmètre d’exclusion
•    la zone orange, délimitée par le périmètre d’isolation
•    la zone jaune, délimitée par le périmètre de dissuasion.

La mise en place des zones se fait du coeur de la situation d’urgence vers sa périphérie en fonction:  du personnel disponible;
•    de la nature de la situation d’urgence (p.ex. incendie avec dégagement de fumées éventuellement toxiques);
•    des conditions météorologiques;
•    de la topographie générale et de la structure du terrain de la situation d’urgence.

 
La zone rouge
- est le territoire dans lequel l’intervention des services d’intervention a lieu
- est exclusivement réservée aux services de secours intervenants, aux experts et aux techniciens
- est délimitée par un périmètre d’exclusion, établi par la police
- la population et les travailleurs de cette zone sont évacués ou des directives spécifiques sont décrétées en fonction de la situation (p.ex. fermeture des portes et des fenêtres)

La zone orange
- est le territoire dans lequel l’appui logistique des services d’intervention est organisé
- est uniquement accessible aux services de secours, mais également accessible aux personnes qui y travaillent ou y résident, pour autant que le Dir PC-OPS marque son accord et que les directives qu’il donne sont respectées
- est délimité par le périmètre d’isolation. La police met en place ce périmètre d’isolation et installe les contrôles filtrants situés au croisement entre le périmètre d’isolation et les voies d’accès/d’évacuation
- la population et les travailleurs de cette zone reçoivent des directives
- le PC-OPS se trouve juste à l’intérieur du périmètre d’isolation.

La zone jaune
- est le territoire dans lequel les mesures nécessaires sont prises pour garantir l’accès des services d’intervention et le bon déroulement de l’intervention en soi.
- en principe, l’accès est déconseillé aux personnes qui n’y résident ou n’y travaillent pas de même que pour la presse, sauf décision du PC-OPS. Le trafic de transit est détourné. Les curieux et les amateurs de tourisme catastrophe sont écartés
- est délimité par le périmètre de dissuasion. La police instaure ce périmètre n’occupe que les principales voies d’accès
- à l’intérieur de la zone, il est prévu un parking de service pour les services d’intervention. La détermination d’un point de rendez-vous (RV) ainsi qu’un parking pour ambulances sont indispensables. Il y a une liaison avec le PC-OPS et le poste médical avancé (PMA) de sorte que des ambulances puissent être envoyées en fonction de la nécessité. De même, au
besoin, un parking pour les véhicules prévus pour le transport des personnes évacuées et/ou des victimes non blessées est prévu


Exercices


Sur l’initiative du bourgmestre, du gouverneur ou du ministre, des exercices sont régulièrement organisés pour tester le plan d’urgence et donner aux différentes disciplines la possibilité d’exercer leurs missions.

Un groupe directeur élabore un scénario et décrit les objectifs de l’exercice.
Deux types d’exercices sont ainsi organisés :
•    Des exercices théoriques :
Les différentes disciplines sont rassemblées autour de la table et doivent réagir comme elles
le feraient dans la réalité
•    Des exercices sur le terrain :
L’exercice fait l’objet d’une mise en scène là où la situation d‘urgence aurait lieu et on organise en principe un déploiement réel en hommes et en moyens sur place.

Dans le cadre de la planification d’urgence et de la gestion de crise, l’organisation d’exercices
représente un aspect important. Afin que la collaboration entre les parties concernées se passe au mieux, il faut que les intervenants aient développé une sorte de routine concernant le travail à faire, afin de ne pas être dépassés par la situation d’urgence. Cette ‘routine’ ne pourra s’acquérir que par la force de la répétition des exercices.